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Roger Mimó :
LA ROUTE DES 1000 CASBAHS |
Étape 4 : du Dadès à la Vallée du Todra
La route nationale parcourt entre Boumalne Dadès et Tinghir un paysage absolument désertique qui change seulement en deux points : Imiter et Timadrouine. Si dans ce dernier village les kasbahs qu'il y avait autrefois sont toutes disparues, à Imiter on en découvre par contre rien moins que sept, datées pour la plupart au début du 20ème siècle. Sans doute la plus remarquable par sa taille et son décor extérieur est celle de Mohadach Ou El Haj, le même personnage que plus tard se fut bâtir la casbah d'Ait Moutad dans la vallée du Dadès. Celle d'Ouchtouban, située entre les jardins, est aussi grande et pittoresque. Les autres restent plus modestes. On parlera d'une d'entre elles dans le chapitre "acheter".
TinghirÀ
Par contre, la kasbah du Cheikh Bassou fut complètement restaurée en 1994 et transformée en hôtel. Elle se caractérise par son patio entouré de piliers et d'arcades. Tout le monde peut la visiter moyennant une consommation au bar ou bien au restaurant. À l'intérieur sont présentées, en plus, des expositions d'artistes locaux.
Près de Tinghir, la mosquée Ikelane est un des monuments de visite incontournable dans la route des mille kasbahs. Elle fait partie du ksar Afanour et elle fut restaurée en 2007 par l'Association Afanour de Développement avec l'aide économique de l'hôtel Tomboctou et d'un groupe d'architectes catalans.
Plus de renseignements : http://mosqueeikelane.ifrance.com La haute vallée du TodraAu tour de Tinghir s'étend une des plus belles et des plus verdoyantes vallées du sud du Maroc, dans laquelle on retrouve les palmiers, et aussi une des plus grandes concentrations d'architecture en terre, d'une extrême variété. Pour connaître en détail la contrée, nous vous conseillons le catalogue L'habitat traditionnel dans la vallée du Todra cité dans le chapitre "livres". Ici nous parlerons seulement des plus remarquables de la centaine de monuments qui comprend la vallée, entre kasbahs et ksour.
Au nord de Tinghir, la route qui se dirige vers les gorges du Todra permet obtenir des vues magnifiques sur la verdoyante palmeraie et ses nombreux ksour, comme le ksar Ait Boujane où tout le monde se fait la photo typique; le ksar Asfalou, qui cause impression par sa situation au bord de la falaise, ou le ksar Ait Senan, de grandes dimensions. Ces ksour se trouvent pour la plupart en ruine; on peut y accéder au cours d'une agréable promenade pédestre dans l'oasis, ou bien par une route secondaire de 4 Km. qui parcourt la rive gauche du Todra.
Il y a aussi quelques kasbahs, beaucoup plus entretenues que les ksour, entre lesquelles on doit mentionner celle d'Ali Dani à Ait Zilal par sa taille et sa valeur esthétique. Cependant, cette valeur est nettement inférieure à celle des kasbahs que nous avons pu voire dans les vallées d'Ounila, du Mgoun ou du Dadès. En fait, ces kasbahs du Todra sont les dernières que nous allons trouver dans notre voyage vers l'est, car à partir d'ici toute l'architecture traditionnelle est composée de ksour. Finalement, les marabouts sont aussi très abondants dans la vallée du Todra et certains d'entre eux nous paraissent très pittoresques par ses formes ou par la place où ils se trouvent.
Tizgui est le dernier ksar avant de rentrer dans les gorges du Todra et l'un des mieux conservés, bien que de mesures très modestes. Après, pendant 18 Km. la route parcourt l'intérieur d'un canyon. La vallée s'ouvre à nouveau en arrivant à Tamtatoucht. Dans ce village de haute montagne se ressemblent 9 kasbahs bâties pendant la première moitié du 20e siècle et encore habitées pour la plupart ou utilisées pour y stocker les récoltes. Au delà de Tamtatoucht, la route conduit à Ait Hani, où il y a plusieurs kasbahs réparties entre les différents groupements de population qui forment ce centre administratif. D'Ait Hani, on peut continuer vers l'orient par une route goudronnée qui permet sortir à la vallée du Gheris (étape suivante), ou bien vers le nord, jusqu'à Imilchil. Au tour d'Imilchil, la vallée de l'Assif Melloul présente également une belle architecture en terre.
Un sentier qui naît dans ce souk nous amène à la kasbah d'Ait Amou, de volume impressionnant, aujourd'hui déshabitée et fermée. Un peu plus loin se trouve le ksar Tadafalt, de petite taille et assez délabré, entouré d'une palmeraie verdoyante. On en obtient une très belle image du haut d'une colline où se lève une ancienne tour de guet dominant toute l'oasis. Un des derniers ksour de cette zone est Agoudim n'Ait Yazza, construit vers 1880 et encore assez bien conservé malgré être à l'abandon. Il surprend par la régularité de sa structure de rues, très différente d'autres ksour plus anciens comme Tinghir, et qu'on retrouvera plus loin à El Khorbat Oujdid et dans les vallées du Ziz et du Gheris.
La palmeraie de Ferkla (Tinejdad)Au delà des villages mentionnés, la route nationale suit la basse Todra vers Tinejdad par un paysage assez aride. 6 Km. avant le centre urbain de Tinejdad, on rentre dans l'oasis de Ferkla.
Le point fort de l'oasis de Ferkla est le ksar El Khorbat Oujdid, construit vers la moitié du 19e siècle et maintenant en cours de réhabilitation par l'association locale AEDI, qui travaille en collaboration avec plusieurs organismes internationaux et aussi avec des investisseurs privés. Ce ksar fut la capitale politique des Ait Mergad jusqu'aux années 1930 et possède une valeur artistique très spéciale grâce à la structure de ses ruelles couvertes, carrément régulière, avec des puits de lumière aux carrefours.
Pour tout renseignement sur ce projet : http://www.elkhorbat.com/fr.association.htm
À l'intérieur du ksar El Khorbat Oujdid, le Musée des Oasis comprend une vingtaine de salles dans lesquelles le voyageur découvre l'une après l'autre les différents aspects de la vie traditionnelle de la région, expliquées moyennant des objets anciens, des photos, des cartes, des plans, des textes et des maquettes.
À côté du ksar El Khorbat Oujdid il y en a un autre appelé El Khorbat Akedim, qui pourrait dater du 15ème siècle et qui présente une structure de rues beaucoup plus compliquée, comme ça correspond à son antiquité. Malheureusement, son état de conservation est assez précaire. L'association AEDI a réalisé quelques travaux pour la restauration de l'entrée monumentale et le mur d'enceinte reste début, mais beaucoup de maisons de l'intérieur sont en ruine ou bien elles ont été substituées par des constructions modernes en béton qui cassent l'esthétique de l'ensemble.
Le ksar Asrir était l'ancienne capitale économique de l'oasis. Il est constituée par sept quartiers collés les uns aux autres; une partie fût détruite par les crues de la rivière, mais la reste continuent habités. Dans l'un d'eux il y a une mosquée avec un haut minaret en terre crue, qui pourrait dater de l'époque almoravide.
VOIR IMAGES DU MOUSSEM DE SIDI L'HOUARI 2007 Excursions au tour de Tinejdad
Entre les excursions qui méritent être réalisées au départ de Tinejdad, il faut parler du ksar Taghia, situé sur la piste qui se dirige vers Alnif, et surtout le parcours par une nouvelle route qui conduit à Aghbalou n'Kerdous. Celle-ci passe par plusieurs oasis de montagne où se lèvent des ksour magnifiques, comme Taghia n'Ifegh et Igoudamène. À Aghbalou n'Kerdous on trouve les kasbahs les plus orientales de la région. Pour plus de renseignements voir : http://www.elkhorbat.com/fr.excursions.htm
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