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Roger Mimó : LA ROUTE DES 1000 CASBAHS |
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Étape 6 : de Boumalne Dadès à Tinghir
La route nationale parcourt entre Boumalne Dadès et Tinghir un paysage absolument désertique qui change seulement en deux points: Imiter y Timadrouine. Si dans ce dernier village les casbahs qu'il y avait autrefois sont toutes disparues, à Imiter on en découvre par contre rien moins que sept, datées pour la plupart au début du 20e siècle. Sans doute la plus remarquable par sa taille et son décor extérieur est celle de Mohadach Ou El Haj, le même personnage que plus tard se fut bâtir la casbah d'Ait Moutad dans la vallée du Dadès. Celle d'Ouchtouban, située entre les jardins, est aussi grande et pittoresque. Les autres restent plus modestes. On parlera d'une d'entre elles dans le chapitre "acheter".
La vallée du Todra Au tour de Tinghir s'étend une des plus belles et des plus verdoyantes vallées du sud du Maroc, dans laquelle on retrouve les palmiers, et aussi une des plus grandes concentrations d'architecture en terre, d'une extrême variété. Pour connaître en détail la contrée, nous vous conseillons le catalogue L'habitat traditionnel dans la vallée du Todra cité dans la bibliographie. Ici nous parlerons seulement des plus remarquables de la centaine de monuments qui comprend la vallée, entre casbahs et ksour. Dans Tinghir même il y a plusieurs casbahs et un ancien ksar encore habité, bien qu'il a perdu son mur d'enceinte et les six entrées monumentales qu'il possédait à l'origine. On l'appelle souvent "le quartier des juifs" parce qu'autrefois quelques familles hébraïques y habitaient. Entre les casbahs la plus attirante est celle du Glaoui, bâtie en 1919 sur une colline et de très grandes proportions, mais elle est dans un mauvais état de conservation et la visite a été interdite dernièrement (pour avoir plus de renseignements, voire le chapitre "acheter"). Par contre, la casbah du Cheikh Bassou Ou Ali a été complètement restaurée en 1994 et transformée en hôtel, de même que la casbah du Caid Jilali, bâties les deux dans les années 1940.
Horaire : de 8
h. 30' à 12 h. et de 15 h. au coucher du soleil. Plus de renseignements : http://mosqueeikelane.ifrance.com Au nord de Tinghir, la route qui se dirige vers les gorges du Todra permet obtenir des vues magnifiques sur la verdoyante palmeraie et ses nombreux ksour, comme celui d'Ait Boujane où tout le monde se fait la photo typique; celui d'Asfalou, qui cause impression par sa situation au bord de la falaise, ou celui d'Ait Senan, de grandes dimensions. Ces ksour se trouvent pour la plupart en ruine; on peut y accéder au cours d'une agréable promenade pédestre dans l'oasis, ou bien par une route secondaire de 4 Km. qui parcourt la rive gauche du Todra.
Il y a aussi quelques casbahs, beaucoup plus entretenues que les ksour, entre lesquelles on doit mentionner celle d'Ali Dani à Ait Zilal par sa taille et sa valeur esthétique. Cependant, cette valeur est nettement inférieure à celle des casbahs que nous avons pu voire dans les vallées d'Ounila, du Mgoun ou du Dadès. En fait, ces casbahs du Todra sont les dernières que nous allons trouver dans notre voyage vers l'est, car à partir d'ici toute l'architecture traditionnelle est composée de ksour. Finalement, les marabouts sont aussi très abondants dans la vallée du Todra et certains d'entre eux nous paraissent très pittoresques par ses formes ou par la place où ils se trouvent.
Tizgui est le dernier ksar avant de rentrer dans les gorges du Todra et l'un des mieux conservés, bien que de mesures très modestes. Après, pendant 18 Km. la route parcourt l'intérieur d'un canyon. La vallée s'ouvre à nouveau en arrivant à Tamtatoucht. Dans ce village de haute montagne se ressemblent 9 casbahs bâties pendant la première moitié du 20e siècle et encore habitées pour la plupart ou utilisées pour y stocker les récoltes. Au delà de Tamtatoucht, la route conduit à Ait Hani, où il y a plusieurs casbahs réparties entre les différents groupements de population qui forment ce centre administratif. D'Ait Hani, on peut continuer vers l'orient par une piste en cour de goudronnage qui permet sortir à la vallée du Gheris (étape 16), ou bien vers le nord, jusqu'à Imilchil. Ce dernier village comprend aussi une casbah, malheureusement en ruine. Au tour, la vallée de l'Assif Melloul présente également une belle architecture en terre.
Un sentier qui naît dans ce souk nous amène à la casbah d'Ait Amou, de volume impressionnant, aujourd'hui déshabitée et fermée. Un peu plus loin se trouve Tadafalt, un autre ksar de petite taille et assez délabré, entouré d'une palmeraie verdoyante. On en obtient une très belle image du haut d'une colline où se lève une ancienne tour de guet dominant toute l'oasis. Un des derniers ksour de cette zone est Agoudim n'Ait Yazza, construit vers 1880 et encore assez bien conservé malgré être à l'abandon. Il surprend par la régularité de sa structure de rues, très différente d'autres ksour plus anciens comme Tinghir, et qu'on retrouvera plus loin à El Khorbat Oujdid et dans les vallées du Ziz et du Gheris.
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| © Roger Mimó Cette page a été mise à jour en septembre 2008 |