Roger Mimó :

 LA ROUTE DES 1000  CASBAHS

Étape 10 : d'Errachidia à Erfoud et Rissani

À la sortie d'Errachidia on voit de la route un grand numéro de ksour de l'oasis de Mdagra, desquels on a déjà parlé.

Après on arrive à Meski, qui mérite une mention spéciale par sa situation au bord de la falaise qui le fait très pittoresque vu de loin, si bien l'intérieur est tout en ruine. En plus, son entourage de palmiers est très verdoyant et à proximité il y a une source naturelle transformée en piscine.

 

 

 

 

 

 

Plus tard on distingue la Zaouïa Amelkis au fond du canyon et on descend à Zouala. À partir de ce point, les ksour se succèdent l'un après l'autre, encore habités et pleins d'activité : Oulad Cheker, Ait El Khelef, etcétera.


Le ksar Oulad Cheker

Une route qui sort à droite conduit à El Gara et de là à Zrigat, un groupement de ksour qui furent très importants autrefois, mais qui ont souffert la calamité des inondations.

En suivant la même route on arrive à El Maarka, un ancien palais de la dynastie Alaouite duquel reste une porte fastueuse, décorée dans un style urbain, avec profusion de mosaïques et de plâtre sculpté. Mais l'intérieur de l'enceinte est en ruine.

Par contre, la Zaouïa Jdida qui se lève au sud d'El Maarka continue habitée, dans un bon état de conservation, et ses rues pavées offrent un aspect serein et mystérieux. Un peu plus loin, le ksar Bathatha est fort pittoresque avec ses deux portes monumentales successives.

De retour à la route, on voit encore quelques autres ksour jusqu'à que l'oasis laisse la place à un paysage aride, même avec quelques petites dunes. Celui-ci s'étend jusqu'à l'oasis de Tizimi, où se ressemblent de nouveaux ksour et entre eux le plus grand de toute la région : Maadid. Il comprend quatre quartiers séparés par des murs et son architecture offre un intérêt très élevé. Pour cette raison il est visité fréquemment par les touristes. En 1968, Maadid fut objet d'un plan d'amélioration des conditions de vie financé par la FAO et, grâce à ça, il continue complètement habité, en parfait état de conservation.

Dans la même oasis de Tizimi, déjà à l'entrée d'Erfoud, une piste à droite conduit au ksar Jrana, qui a aussi bénéficié dernièrement d'un plan de réhabilitation. Aux autres ksour de cette palmeraie on y arrive par plusieurs pistes depuis la route de Jorf.


Rue centrale du ksar Jrana


Entre Erfoud et Rissani : le Tafilalet

Au sud d'Erfoud s'étend une des plus grandes oasis de toute la région et l'une des plus connues : le Tafilalet.

Cette oasis est célèbre pour avoir constitué au long de l'histoire une importante étape des caravanes qui communiquaient Fès et l'Afrique sous-saharienne et un centre commercial de tout premier ordre.

La palmeraie se trouve aujourd'hui dans un état pitoyable à cause de la sécheresse, mais du point de vue architectonique la richesse du Tafilalet continue à être énorme.

On y compte une demi centaine de ksour encore habités et une demi douzaine d'anciens palais bâtis par les Alaouites, dynastie qui surgit elle même de cette oasis au 17e siècle.

Entre les palais on doive mentionner El Fida, Oulad Abdelhalim et Abbar. Le premier a été restauré et ouvert au public comme musée.
Oulad Abdelhalim
, de sa part, se trouve dans un état de conservation assez mauvais mais on peut le visiter aussi. Pendant  beaucoup d'années ce fut la résidence du représentant du sultan dans l'oasis. Il comprend un quartier où habitaient les esclaves et un autre pour les Chorfa, en plus du palais lui-même. Il est daté par une inscription en 1846, mais il se pourrait que son origine fût une autre construction plus ancienne.
Finalement, Abbar n'est rien plus qu'un amas de ruines, entre lesquelles on distingue quelques portails curieu-sement intacts, présentant un magni-fique décor de style citadin. On y arrive à pied par un sentier vers le sud depuis le mausolée de Moulay Ali Cherif.


Portail de la mosquée d'Abbar

Un peu plus à l'est, à l'autre côté de la route qui mène à Oulad Abdelhalim, on découvre les restes du ksar Tighmert, qui appartenait également au sultan et qui fut détruit en 1919 au cours d'une terrible bataille entre l'armée française et les résistants Ait Ata. Un autre palais, appelé Dar Beida, fut bâti au 18e siècle par ordre de Sidi Mohamed Ben Abdellah et se trouve aujourd'hui dans des conditions aussi pitoyables.


Ruines du ksar Tighmert

Oulad Abdelhalim

En ce qui fait aux ksour habités par la population locale, ils sont éparpillés par toute la palmeraie; on peut accéder à nombre d'entre eux par le "circuit touristique" qui naît près du mausolée de Moulay Ali Cherif et à d'autres par la route de Mezguida. Entre eux nous parlerons de Mezguida même par sa valeur architectonique, de Taboussamt par son importance historique, d'Ouighlane par sa grande taille et par être encore complètement habité, de Serghine par la mystérieuse ambiance qui se vive dans ses ruelles absolument obscures et de Tingheras par sa situation sur une colline de laquelle on découvre tout l'ensemble de l'oasis. Au Tafilalet il y a aussi plusieurs ksour où l'on travaille la poterie, comme Guelala, Charfat Bahaj et Moulay Abdelah Dkak.


Portail du ksar Abou Am

En fin, à l'intérieur de Rissani se trouve le ksar Abou Am, totalement habité et restauré dernièrement grâce à la coopération internationale.

Son portail présente un certain aspect urbain, comme dans beaucoup d'autres ksour du Tafilalet, du à l'influence de Fès à travers les relations commerciales.

Ce ksar est l'un des plus visités par les touristes.

Une centaine de mètres au nord d'Abou Am, on voit les restes d'une casbah du 13e ou 14e siècle qui donna son nom à la ville actuelle. Dans ce cas, on utilise le mot "casbah" dans le sens des forts construits par l'État en zones rurales, sans aucune relation avec les casbahs que nous avons vu au long de notre voyage. Une partie de cette casbah de Rissani est occupée aujourd'hui par le Centre d'Études Alaouites.


                  


© Roger Mimó         Cette page a été mise à jour en septembre 2008