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Roger Mimó : LA ROUTE DES 1000 CASBAHS |
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Étape 10 : d'Errachidia à Erfoud et Rissani
Plus tard on distingue la Zaouïa Amelkis au fond du canyon et on descend à Zouala. À partir de ce point, les ksour se succèdent l'un après l'autre, encore habités et pleins d'activité : Oulad Cheker, Ait El Khelef, etcétera.
Une route qui sort à droite conduit à El Gara et de là à Zrigat, un groupement de ksour qui furent très importants autrefois, mais qui ont souffert la calamité des inondations. En suivant la même route on arrive à El Maarka, un ancien palais de la dynastie Alaouite duquel reste une porte fastueuse, décorée dans un style urbain, avec profusion de mosaïques et de plâtre sculpté. Mais l'intérieur de l'enceinte est en ruine. Par contre, la Zaouïa Jdida qui se lève au sud d'El Maarka continue habitée, dans un bon état de conservation, et ses rues pavées offrent un aspect serein et mystérieux. Un peu plus loin, le ksar Bathatha est fort pittoresque avec ses deux portes monumentales successives. De retour à la route, on voit encore quelques autres ksour jusqu'à que l'oasis laisse la place à un paysage aride, même avec quelques petites dunes. Celui-ci s'étend jusqu'à l'oasis de Tizimi, où se ressemblent de nouveaux ksour et entre eux le plus grand de toute la région : Maadid. Il comprend quatre quartiers séparés par des murs et son architecture offre un intérêt très élevé. Pour cette raison il est visité fréquemment par les touristes. En 1968, Maadid fut objet d'un plan d'amélioration des conditions de vie financé par la FAO et, grâce à ça, il continue complètement habité, en parfait état de conservation. Dans la même oasis de Tizimi, déjà à l'entrée d'Erfoud, une piste à droite conduit au ksar Jrana, qui a aussi bénéficié dernièrement d'un plan de réhabilitation. Aux autres ksour de cette palmeraie on y arrive par plusieurs pistes depuis la route de Jorf.
Entre Erfoud et Rissani : le Tafilalet
Un peu plus à l'est, à l'autre côté de la route qui mène à Oulad Abdelhalim, on découvre les restes du ksar Tighmert, qui appartenait également au sultan et qui fut détruit en 1919 au cours d'une terrible bataille entre l'armée française et les résistants Ait Ata. Un autre palais, appelé Dar Beida, fut bâti au 18e siècle par ordre de Sidi Mohamed Ben Abdellah et se trouve aujourd'hui dans des conditions aussi pitoyables.
En ce qui fait aux ksour habités par la population locale, ils sont éparpillés par toute la palmeraie; on peut accéder à nombre d'entre eux par le "circuit touristique" qui naît près du mausolée de Moulay Ali Cherif et à d'autres par la route de Mezguida. Entre eux nous parlerons de Mezguida même par sa valeur architectonique, de Taboussamt par son importance historique, d'Ouighlane par sa grande taille et par être encore complètement habité, de Serghine par la mystérieuse ambiance qui se vive dans ses ruelles absolument obscures et de Tingheras par sa situation sur une colline de laquelle on découvre tout l'ensemble de l'oasis. Au Tafilalet il y a aussi plusieurs ksour où l'on travaille la poterie, comme Guelala, Charfat Bahaj et Moulay Abdelah Dkak.
Une centaine de mètres au nord d'Abou Am, on voit les restes d'une casbah du 13e ou 14e siècle qui donna son nom à la ville actuelle. Dans ce cas, on utilise le mot "casbah" dans le sens des forts construits par l'État en zones rurales, sans aucune relation avec les casbahs que nous avons vu au long de notre voyage. Une partie de cette casbah de Rissani est occupée aujourd'hui par le Centre d'Études Alaouites.
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| © Roger Mimó Cette page a été mise à jour en septembre 2008 |